jeudi 28 août 2014

Le calme et la paix, enfin.

La vie est dure. Enfin, je devrais plutôt dire, la vie c'est quelque chose de dur. C'est comme une montagne rocheuse, où les prises sont rares. Une montagne face aux éléments, le vent, la pluie, les éboulements.
Personne ne vous prévient que vous n'aurez pas la vie que vous vouliez, qu'il y aura des imprévus, qu'on ne réalise pas forcément ses rêves. On est nourris au contraire aux phrases comme "ouvre les yeux, la vie est belle", "arrête de t'en faire, ça passera", "la vie est plus forte que tout"...




Bon, eh bien voilà. Je n'aurai pas d'enfant, je n'en veux pas, et je ne peux pas. Je ne serai pas un écrivain reconnu avant mes trente ans (ni jamais surement, puisque à vrai dire je n'écris plus) . Je ne serai que moi. Vingt quatre ans de tumultes pour en arriver à cette conclusion, et surtout pour arriver à m'y faire.

On passe son temps à essayer de définir les choses, les situations, les relations. On passe son temps à vouloir planifier sa vie, à qualifier tout et n'importe quoi. A chercher ce qui nous caractérise ; "pour quel métier suis je fait?" "qu'est ce que je vais faire de ma vie?" "quand est ce que je vais me caser avec quelqu'un?"... On passe son temps à des choses inutiles.

Plus ma maladie prend du terrain, plus je me rends compte de tout ça.

J'ai réalisé récemment que je ne pouvais plus me payer le luxe de gâcher ce temps à me poser ces questions. La seule personne de mon entourage à me comprendre a résumé ça en une phrase "Vis la vie dont tu as envie".

Alors en ce moment, c'est un crédo très à la mode. Le marketing pousse à exalter nos pulsions, à favoriser les coups de tête, les achats compulsifs. "Allez y, faites vous plaisir!", "craquez vite!"... La société est construite sur des illusions, sur une fausse vie. De faux besoins, sans arrêt. Pour l'hygiene, pour le sexe, pour la beauté, des besoins appelant d'autres besoins, qui ne sont au final que des envies. On nous enfonce dans le crâne qu'on doit vivre selon un seul modèle, qu'on doit avoir l’électricité EDF pour être heureux. Mais ce n'est pas ça, être heureux. D'ailleurs le bonheur est une invention capitaliste bourgeoise du 16eme siècle.

La joie. La paix. Voilà ce qui compte.
Et elle se trouve dans les actes quotidiens, loin des magasins. Elle se trouve dans le fait de jouer avec son chat, manger au bord d'un lac, se blottir contre les personnes qu'on aime. Se laver, mettre des vêtements propres. S'occuper de son chez soi. Faire la fête, rire avec ses amis, proches ou pas. Aller se promener, changer d'air. Sentir l'automne arriver, les contrastes de températures, un thé chaud après une ballade, un bain quand on a mal au ventre. Observer le monde autour de soi, la nature , même dans un parc.
Lire ce dont on a envie, se sentir proche de l'écrivain, du journaliste, ou du noveliste. Apprendre et s'en délecter, juste parce que c'est bon de découvrir. Jardiner, mettre les mains dans la terre.

Le calme et la paix, enfin.